Abu Sofiane était à cette époque, le chef de la tribu Quraych, ennemie numéro un des musulmans.

Héraclius était (de 610 à 641 APJC) le roi du vaste empire byzantin d’orient. Il était chrétien et savait qu’à cette époque devait apparaitre un prophète. Ayant entendu parler d’un homme arabe qui se prétendait être prophète, il intercepta une caravane marchande arabe pour avoir plus d’information. Il tomba sur Abu Sofiane Ibn Harb . Cette histoire se déroule pendant la trêve établie entre les musulmans et les polythéistes mecquois.   Nous allons voir comment les opposants à l’islam et au prophète voyaient et décrivaient le prophète SAWS.

Abu Sofiane était allé avec quelques hommes de Quraych en tant que marchands en Syrie :  « Le messager d’Héraclius nous a trouvé quelque part en Syrie, a dit Abu Sofiane et on nous a emmenés, moi et mes compagnons, à Jérusalem. Alors on nous a introduit auprès de lui, et voilà qu’il est assis avec la cour de son royaume ; il était paré de sa couronne et il avait autour de lui les seigneurs des Byzantins.

« Demande-leur, a-t-il dit à son interprète, lequel d’entre eux est le plus proche de cet homme qui se prétend être prophète.

— Moi, ai-je répondu, je suis le plus proche de lui qu’eux.

— Quel est le lien de parenté entre vous deux ?

— C’est mon cousin paternel, ai-je répliqué. (Il est vrai qu’à ce moment-là, il n’y avait, à part moi, aucun des Banû Abd-Manaf dans la caravane).

— Qu’on le fasse rapprocher ! » ordonna Héraclius qui demanda aussi de rapprocher mes compagnons qu’on a placé derrière mon dos, juste près de mon épaule.

Puis il a dit à son interprète : « Dis à ses compagnons que je vais interroger cet homme au sujet de celui qui se prétend être un prophète. S’il ment, démentez-le ! »

Par Allah, avait dit Abu Sofiane, si ce n’était, ce jour-là, la honte de voir mes compagnons signaler mes mensonges, j’aurais certainement menti lorsqu’il m’interrogea sur lui. Mais j’ai eu honte qu’ils signaleraient mes mensonges, alors je lui ai dit la vérité.

Après quoi, il a dit à son interprète : « Demande lui quel est le lignage de cet homme parmi vous ?

— Chez nous, il est de haut lignage, ai-je répondu.

— Y a-t-il quelqu’un parmi vous qui a tenu avant lui de tels propos ?

— Non.

— L’avez-vous accusé de mensonge avant qu’il ne dise ce qu’il a dit ?

— Non.

— L’un de ses grands-parents était-il un roi ?        — Non.

— Est-ce alors les nobles qui le suivent ou les faibles ?    — C’est plutôt les faibles.

— Est-ce que leur nombre augmente ou est-ce qu’il diminue ?

— Leur nombre s’accroît plutôt.

— Y en a-t-il qui apostasie après avoir embrassé sa religion ?      — Non.

— Trahit-il ses engagements ?     — Non, cependant nous sommes actuellement en trêve avec lui et nous craignons qu’il ne trahisse. » Ce mot avait été le seul où j’avais pu glisser quelque chose qui puisse l’amoindrir sans craindre de la voir prise sur mon compte.

« L’avez-vous combattu, a repris Héraclius, ou vous va-t-il combattu ?

— Oui.

— Comment étaient alors sa guerre et votre guerre ?

— C’était à chacun son tour. Une fois c’est lui qui prend le dessus et une fois c’est nous qui prenons le dessus.

— Et que vous recommande-t-il d’observer ?

— II nous recommande d’adorer Allah seul sans lui rien associer et il nous interdit ce qu’adoraient nos pères. Il nous recommande d’observer la prière, l’aumône, d’être chastes, de respecter les engagements et de rendre les dépôts confiés. »

Après que je lui ai ainsi parlé, il s’est adressé à son interprète :

« Dis-lui que je t’ai interrogé sur son lignage et tu as dit qu’il était d’un haut lignage ; eh bien ! C’est ainsi que sont envoyés les messagers ; ils sont choisis dans le haut lignage de leurs peuples ;

Je t’ai demandé si quelqu’un parmi vous avait tenu avant lui les mêmes propos et tu as dit que non. Alors je me suis dit que si quelqu’un parmi vous avait tenu avant lui les mêmes propos, j’aurais pensé qu’il est un homme qui veut être un chef avec des propos qui ont été dits avant lui ;

Je t’ai demandé si vous l’aviez accusé de mensonge avant qu’il n’avance ce qu’il a dit et tu as dit que non. Alors j’ai compris que s’il ne soutient pas de mentir aux gens, il ne peut mentir sur le compte d’Allah ;

Je t’ai demandé si l’un de ses grands-pères était roi, et tu as dit que non. Alors je me suis dit que si l’un de ses grands-pères était roi, aurait voulu le trône de ses grands-pères ;

Je t’ai demandé si c’était les nobles des gens ou leurs faibles qui le suivent et tu as dit que c’est leurs faibles ; et ce sont eux les partisans des prophètes ;

Je t’ai demandé si leur nombre s’accroissait ou s’il diminuait, et tu as dit que leur nombre allait croissant, et c’est ainsi le propre de la foi qui s’accroît jusqu’à son triomphe ;

Je t’ai demandé s’il y en avait qui apostasiait après avoir embrassé sa religion, et tu as dit que non, et c’est ainsi le propre de la foi quand sa douceur se mélange aux cœurs : aucun ne la prend en aversion ;

Je t’ai demandé s’il trahissait ses engagements et tu m’as dit que non, et c’est ainsi que sont les prophètes : ils ne trahissent jamais leurs engagements ;

je t’ai demandé si vous l’aviez combattu et s’il vous avait combattu et tu as dit qu’il l’avait fait, que votre guerre et sa guerre avaient eu des alternatives, qu’une fois il prenait le dessus et qu’une fois vous prenez le dessus, et c’est ainsi les prophètes : ils sont mis à l’épreuve mais l’issue finale est à eux ;

je t’ai demandé ce qu’il vous recommande et tu as dit d’adorer Allah sans rien Lui associer, qu’il vous interdit ce qu’adoraient vos pères et qu’il vous recommande d’observer la prière, l’aumône, d’être chaste, de respecter les engagements et de rendre les dépôts confiés.

Et ceci est le portrait des prophètes, je savais qu’il allait apparaître, cependant je ne croyais pas qu’il serait de vous. Si ce que tu as dit est vrai, il est sur le point de s’emparer de l’endroit où j’ai mes pieds. Si je pouvais parvenir jusqu’à lui, j’aurais tout fait pour aller à sa rencontre ; et si j’étais auprès de lui, je lui aurais lavé les pieds. »

Nous tirons de ce récit que Mohammed SAWS regroupe tous les signes de la prophétie et nous observons également :

– l’importance de chercher information lorsque l’on veut une réponse claire à nos interrogations.

– l’honnêteté des arabes de l’époque qui ne mentaient pas sur leurs ennemis

– l’importance de questionner les gens les plus aptes à répondre à nos questions.

– les plus ennemis de l’islam ont embrassés cette religion (Abu Sofiane).